<p>Annemarie von Matt, je ne m’ennuie jamais, on m’ennuie, 2020 © Margot Montigny / CCS</p>

Annemarie von Matt. Je ne m'ennuie jamais, on m'ennuie

Mathis Altmann, Sophie Jung, Judith Keller, Simone Lappert, Quinn Latimer, Céline Manz, Sam Porritt, Davide-Christelle Sanvee, Annemarie von Matt, Manon Wertenbroek

dim 11 oct – dim 24 janv 2020

Ouverte sur rendez-vous aux professionnel.le.s en écrivant à accueil@ccsparis.com ou en passant directement par l’annexe de la librairie située à l’accueil de l’exposition, ouverte du mardi ou dimanche de 13h à 19h.

EXPOSITION
du mardi au dimanche de 13h à 19h

VERNISSAGE
Samedi 10.10 de 14h à 20h 

CURATOR TOUR
par Claire Hoffmann le 21 janvier à 18:30

Projet présenté en coopération avec le Nidwaldner Museum (13.05 - 27.09)

COMMISSAIRES : Claire Hoffmann (CCS) et Patrizia Keller (Nidwaldner Museum)

Annemarie von Matt (1905-1967), artiste méconnue et prolifique, est présentée à Paris pour la première fois hors de Suisse. Elle est accompagnée dans cette exposition de neuf artistes et autrices contemporaines qui découvrent sa personne et son œuvre, les questionnent et y répondent.

Sa pratique débordante mêle peinture, dessin, sculpture, arts appliqués, assemblage, photographie, auto-mise en scène et obsession de l’écriture. Sa voix pleine d’humour, portée par une approche ludique du langage, est marquée d’une conscience critique de la société conservatrice dans laquelle elle se sent enfermée ; elle dit son besoin de s’exprimer librement en faisant fi des limites sociétales et artistiques de son temps.

L’exposition reflète l’aspect fragmentaire et dispersé de l’œuvre. Elle ne prétend pas donner une vision exhaustive de ce vaste travail, mais invite plutôt à l’envisager à travers les performances, installations, dessins ou textes de Mathis Altmann, Sophie Jung, Judith Keller, Simone Lappert, Quinn Latimer, Céline Manz, Sam Porritt, Davide-Christelle Sanvee, Manon Wertenbroek. 

Annemarie von Matt (née Marie Gunz ; Root, 1905 - Stans, 1967) travaille d’abord quelques années comme aide ménagère en Suisse alémanique et romande. À Lucerne, elle rencontre l’orfèvre Martha Flüeler-Haefeli, dans l’atelier de laquelle elle crée pour la première fois. Annemarie von Matt fait bientôt partie du cercle des artistes lucernois des années 1920, elle est membre du Werkbund SWB et de la Société suisse des femmes peintres, sculptrices et décoratrices. En 1931, elle reçoit la bourse fédérale suisse d’arts appliqués. De 1930 à 1947, elle participe régulièrement à des expositions, reçoit des commandes et participe à des concours. Certaines de ses oeuvres sont achetées par la Confédération suisse et la Ville de Lucerne. En 1935, elle épouse le peintre et sculpteur Hans von Matt, originaire de Nidwald, et part s’installer à Stans. À cette époque, elle rencontre également le prêtre et écrivain lucernois Josef Vital Kopp, avec lequel elle entretient une relation amoureuse. Le mariage et l’esprit de l’époque l’entravent. Elle se retire de plus en plus de la société.

Mathis altmann

Mathis Altmann (Munich, Allemagne, 1987) vit et travaille à Los Angeles, Berlin et Zurich. Il a étudié à la Haute école d’art de Zurich (ZHdK), où il est professeur invité depuis 2016. Son travail a été présenté dans diverses expositions personnelles et collectives, comme au Art Parcours de Bâle, à l’Istituto Svizzero de Milan ou à la Halle für Kunst de Lunebourg. Il compte parmi les finalistes des Swiss Art Awards 2020 .
En prémices de l’exposition, Mathis Altmann présente pour Nuit Blanche 2020 Powerlifestyles dans la vitrine de la librairie.

Sophie jung

Sophie Jung (Luxembourg, 1982) vit et travaille à Londres et à Bâle. Après avoir étudié à Zurich, Amsterdam, Londres et New York, elle participe à plusieurs expositions internationales collectives et personnelles, ainsi qu’à des performances à Londres et à Prague. Son exposition personnelle They might stay the Night est visible au Casino Luxembourg jusqu’au 25 octobre 2020. 

Judith keller

Judith Keller (Lachen SZ, 1985) vit et travaille comme autrice indépendante à Zurich. Elle a étudié l’écriture littéraire à Bienne et Leipzig ainsi que l’allemand langue étrangère à Berlin et Bogotà. Ses débuts avec Die Fragwürdigen, publié en 2017, lui ont valu le prix de reconnaissance de la ville et du canton de Zurich. Adaptée au théâtre, l’oeuvre a été jouée en 2019-2020 dans différentes salles et sous forme de pièce radiophonique sur Radio SRF1. 

Simone lappert

Simone Lappert (Aarau, Suisse, 1985) a étudié l’écriture littéraire à Bienne et vit comme autrice indépendante à Zurich. Son premier roman Wurfschatten, publié en 2014, est suivi en 2019 de Der Sprung, présélectionné pour le Prix du Livre suisse. Simone Lappert a reçu plusieurs bourses et commandes artistiques. Elle participe à divers projets littéraires et performatifs et propose aussi des ateliers de prose et de poésie. 

<p>© Simone Lappert</p>

© Simone Lappert

Quinn latimer

Quinn Latimer (Venice, Californie, 1978) vit et travaille à Bâle et à Athènes comme poète, critique et autrice. Elle a étudié à l’université de Columbia à New York et a (co)dirigé de nombreux ouvrages ; elle a été entre autres rédactrice en chef des publications de la documenta 14 à Kassel et à Athènes. Quinn Latimer travaille actuellement sur un projet de recherche au département Art de la Fachhochschule Nordwestschweiz à Bâle, qui étudie différents aspects du genre, du pouvoir, du langage et de la pratique artistique.

<p>© Quinn Latimer</p>

© Quinn Latimer

Céline manz

Céline Manz (Zurich, Suisse 1981) vit et travaille à Londres et à Bâle. Elle a étudié à la Gerrit Rietveld Academie d’Amsterdam et au Royal College of Art de Londres. Depuis 2011, elle a participé à de nombreuses expositions collectives, et depuis 2014, a eu des expositions personnelles notamment à Amsterdam, Tel Aviv et Paris. Son exposition solo 9 espaces distincts s’est tenue au Kunsthaus Langenthal jusqu’en juin 2020. 

<p>Céline Manz, Zeichnen heisst: weglassen / Dessiner, c’est : supprimer, 2019/2020.  16:45 min, projection audio-visuelle, loop.  Image courtesy Nidwaldner Museum, Stans, photo: Christian Hartmann.</p>

Céline Manz, Zeichnen heisst: weglassen / Dessiner, c’est : supprimer, 2019/2020.  16:45 min, projection audio-visuelle, loop.  Image courtesy Nidwaldner Museum, Stans, photo: Christian Hartmann.

— © Centre culturel suisse. Paris

Sam porritt

Sam Porritt (Londres, UK, 1979) vit et travaille à Zurich. Après ses études notamment à la Royal Academy of Arts de Londres, il a participé à de nombreuses expositions collectives. Ses expositions personnelles ont eu lieu à Rotterdam, à Bruxelles et, plus récemment, à Turin et à Manchester. Sam Porritt a reçu une bourse de la Ville de Zurich pour les arts plastiques en 2016 et il a été chargé de cours dans différentes écoles, en Grande-Bretagne et aux États-Unis, ainsi qu’à Berne. 

Manon wertenbroek

Manon Wertenbroek (Lausanne, Suisse 1991) vit et travaille à Paris. Elle a terminé ses études en 2014 à l’École Cantonale d’Art de Lausanne. Elle a reçu plusieurs prix, dont le Swiss Art Award 2017. Des expositions collectives et personnelles l’ont conduite à Milan, à Paris, en Sicile et à Winterthour. Elle est actuellement chargée de cours de Creative Drawing à l’ECAL de Lausanne.

Ateliers à faire la maison dès 7 ans

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Dossier de presse

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Partenaires

Commissaires : Patrizia Keller (Nidwaldner Museum) et Claire Hoffmann (CCS)
En partenariat avec le Nidwaldner Museum, Stans, et la Kantonsbibliothek Nidwalden
Partenaires média : Libération, Les Inrockuptibles, Kunstbulletin

Revue de presse

Luquet-Gad Ingrid, L’artiste en son domaine, Les Inrockuptibles, 2021, n°1311, p.74

Poème de simone lappert

blanche-neige insoumise

tu t’es empilée entassée
encognée emportée contre l’ordre imposé
d’être bonne femme au foyer, escagassée
dans l’image brouillée du couple. tu avais faim
de forêt, une faim de 12 loups,
faim d’herbes bourdonnantes
loin de la meute. tu vois des moutons
dans les nuages solitaires du ciel,
là où la nuit sombre dans les herbes,
là où l’horizon engloutit le pays.
soit tu étais absente
soit tu devais te chercher,
blanche-insoumise, blanche-malcontente,
les cimes, paris, province,
quelle était ton plus beau pays ?
tu as caché le miroir
tu t’es ennuyée à ton gré
dans le cercueil bondé de solitude
rebelle au bois dormant sans détresse
non, tu tutoyais la solitude,
colt à la ceinture contre les importuns
tu as tricoté le temps avec des aiguilles de pin
et des chaussettes consolantes
tu as appris à écrire aux libellules,
emballé et offert le vent,
les plus beaux cadeaux de tout le pays.
princesse insurgée
enfermée dans ton chaos-fort,
le désordre était ta révolution
contre la monarchie de l’ordinaire,
le sous-bois était ton code postal.
et lorsque s’est ramené un prince à cheval
avec un p comme prêtre, vital et top,
ton alphabet a repris à j.
tu t’es tant dispersée en lui
tu voulais tant respirer son manteau,
te fondre dans sa barbe
j comme joseph, comme je-suis-à-quelqu’un,
emmiellée, ensucrée, ensuquée
tu le savais : souvent on n’a pas besoin
d’un même homme pour une même chose, mais
les détails sont toujours insidieux.
ratée, l’élection à miss méfiançailles,
gagné, un autre dési-ordre,
hans trahi, tu as admis l’intrus
tu as sauté le pas et l’a connu
sur la mousse, manteau vert inconnu,
tu t’es éparpillée, enracinée, suspendue entre-deux,
femme conserve de la hâte
tu lègues tes notes éparses au vent,
tes trouvailles demeurent.

“tourbillon, quoi qu’il arrive” de davide-christelle sanvee

Les vidéos Tourbillon, quoi qu’il arrive de Davide-Christelle Sanvee, imaginée en réponse au dessin Tourbillon d’Annemarie von Matt exposé au CCS peuvent être visionnées sur ce lien .

“Marquée par le dessin Tourbillon, réalisé par Annemarie von Matt en 1947 en réponse à un bal costumé auquel elle ne pouvait se rendre, j’ai voulu me l’approprier : incarner Annemarie von Matt le temps d’une journée pour donner vie à ce costume resté au stade d’ébauche. Pour ce faire, je souhaitais recréer l’événement manqué en faisant du CCS, son lieu de vie privé, du public, ses invité.e.s, du 24 octobre, une fête désorganisée. Mais voilà que les actions live prévues en suivent finalement les mêmes conséquences. Une impossibilité à venir performer au travers de différentes infiltrations. Mais quoi qu’il arrive, il y a la même intention. Quoi qu’il arrive il y a ces traces. Quoi qu’il arrive, je tourbillonne.” Davide-Christelle Sanvee

Performance de sophie jung

Sophie Jung a présentée le 24.10.2020 la performance Sophie Jung performs her sculptures : “This Particular Medusa (It is a gun in my pocket and I hate to see you)”, “All The Horse’s Horses: Uns Bitte Nicht Berühren, Danke, “Wer Wind Säät, Wir Sturm Ernten”, “Alarming New Reports”, “{NUMB and Dumb} How to get yourself to cry & Show to stop yourself from crying” dans laquelle elle active les sculptures présentées dans l’exposition. Ce film en présente quelques extraits. 

Voir ici 

© Sophie Jung
Avec : Sophie Jung, Peter Burleigh
Réalisation : Tristan Savoy
Images : Tristan Savoy et Valentin Duciel / Centre culturel suisse. Paris

dim 11 oct – dim 24 janv 2020