Anne Bisang

"Nouvelle lyrique" d'Annemarie Schwarzenbach

jeu 14–15 mai 1998, 20h30
André Thomkins Charles Grivel
Nouvelle lyrique, d'Annemarie Schwarzenbach, mis en scène par Anne Bissang, avec Catherine Epars. « Nouvelle lyrique »: Dans le Berlin du début des années trente, un jeune étudiant qui hésite sur sa vocation, et que sa famille destine à une carrière diplomatique, se trouve arraché à son train de vie bourgeois par la rencontre d'une chanteuse de cabaret. Celle-ci ne s'appelle pas pour rien Sibylle: …

Nouvelle lyrique, d'Annemarie Schwarzenbach, mis en scène par Anne Bissang, avec Catherine Epars.

« Nouvelle lyrique »: Dans le Berlin du début des années trente, un jeune étudiant qui hésite sur sa vocation, et que sa famille destine à une carrière diplomatique, se trouve arraché à son train de vie bourgeois par la rencontre d'une chanteuse de cabaret. Celle-ci ne s'appelle pas pour rien Sibylle: à la suite de cette figure énigmatique, le narrateur découvre la vie nocturne de la ville et plonge dans un univers cosmopolite fait d'inquiétantes rencontres et de fuites incessantes que l'écriture d'Annemarie Schwarzenbach restitue en de brefs chapitres puissamment évocateurs. Paru en 1933, ce court récit d'atmosphère montre la voie d'un “lyrisme” narratif dépouillé, à l'opposé des grandes fresques romanesques de l'époque. La date de sa publication lui confère une aura supplémentaire: il sonne le glas pour le Berlin cosmopolite sur lequel va s'abattre le nazisme. Texte: Emmanuelle Cotté (traductrice) et les éditions Verdier

« Le premier jour, je me rendis très tard au théâtre et décidai de ne pas attendre Sibylle. Il y avait beaucoup de monde. J'eus du mal à gagner ma place habituelle.
Fred et Ingo dansaient sur scène. Ils jouaient le même numéro depuis trois mois, mais c'était partout ainsi, et ils avaient toujours du succès.
Ce qu'ils faisaient leur était complètement indifférent, on leur faisait apprendre les danses et ils s'entraînaient consciencieusement. Toute leur prestation ne visait qu'à faire la preuve de leur adresse, de leur travail ou de leur jeunesse. Je les trouvais ennuyeux tous les deux, mais je compris qu'ils étaient puérils et pleins de charme, et que c'était partout la même chose et, la nuit, toute la ville était remplie de salles éclairées que l'on aménageait avec éclat et où se montraient de beaux jeunes gens. Tout était bien organisé, terriblement bruyant et coloré, et cela n'avait rien à voir avec l'Art ou avec des émotions plus profondes. C'était une monstrueuse course dans le vide, et les êtres les plus affairés étaient d'une inertie étrangement bornée. Mais cela n'avait probablement aucun sens de combattre cette tendance, les gens n'étaient pas capables d'un véritable progrès.” 
Texte: Annemarie Schwarzenbach, “Nouvelle Lyrique”

jeu 14–15 mai 1998, 20h30

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