<p>Ruth Childs, fantasia Photographie : Marie Magnin</p> — © Centre culturel suisse. Paris

Ruth Childs & Cécile Bouffard

Delicate People

ven 02 juil 2021​, 20:00
Entrée libre
Dans la limite des places disponibles. Ouverture de la billetterie le jour même à 13:00 à l’accueil du CCS.

La performeuse et danseuse Ruth Childs et la sculptrice Cécile Bouffard démarrent une collaboration visant à mixer leurs pratiques dans une performance qui expérimente les formes limites de relation entre sculpture et danse. Chacune cultivant l’intuition et l’indéfinition, les deux artistes favorisent dans leur recherche la suspension du jugement et le trouble dans la forme. Les indices sont sans cesse déjoués. Les aspects peuvent à tout moment basculer de l’autre côté du familier, dans l’étrange et le bizarre, la gêne ou l’inconfort. En se maintenant à la lisière entre différents états, les sculptures - autant que la danse - se tiennent là comme le champ des possibles.
Ce projet constitue la première occurrence d’un programme annuel de résidence entre deux artistes suisse et français.e du Centre culturel suisse, proposant un mois de recherche à La Becque, résidence d’artistes (La-Tour-de-Peilz, Suisse).

Ruth Childs et Cécile Bouffard recherchent l’ouverture et la liberté de concevoir un objet dans l’errance. Créer un espace d’émancipation autant dans la structure narrative que dans la méthode de production. Lors d’une première séance de travail à La Becque (La Tour-de-Peilz, Suisse) dans le cadre d’une résidence du Centre culturel suisse. Paris, ont été conçues - à la mesure du corps de Ruth Childs - cinq premières formes.

Le travail de sculpture de Cécile Bouffard invite à se projeter dans l’objet, tel contour incite un geste, une prise, un touché, telle courbe une caresse. Ses objets sont arrangés de signes folkloriques invitant à la reconnaissance d’une certitude pouvant basculer dans la fragilité sitôt le regard déplacé. Ruth Childs réagit avec ses intuitions et avec ses affects aux formes et qualifie cette sensation de « moteur graphique ». Les objets semblent vouloir être manipulés, lui donne envie de passer du temps avec, de créer un ensemble, de devenir partenaires - un désir se dégage vers des motifs rythmiques. Certains paraissent plus tendres, d’autres plus brutales, cela agit sur la physicalité de Ruth Childs. L’ambiguïté entre le caractère utile et la forme organique rend le corps hésitant, curieux, fragile et joueur. Ces incertitudes face aux objets et aux comportements qu’ils insinuent créent une métamorphose perpétuelle du geste, du rythme et de l’humeur. Malgré l’hésitation, la prise en main est aussi un acte libérateur, un acte de puissance capable de renverser la situation à tout moment.

Ces mutations sont précisément ce par quoi les deux artistes sont attirées - le caractère non figé des choses et des situations. Cette traversée de mouvements, de figures et d’affects crée manifestement des récits alimentés d’intérêts communs. Le terme delicate concerne autant des figures illustrées (comme celle de l’ermite, du marginal, du toqué, de l’être « hors-normes ») que le processus de travail dans lequel elles se trouvent. La clé serait d’être délicates et attentives, de ne pas être trop volontaires, de ne pas se figer dans un récit chorégraphique – d’avoir le pouvoir de changer d’axe, de changer de prise, de chercher ailleurs. Un partage d’errance permettant de créer des décalages assumés.

C’est dans cette logique intuitive, de digression et de déconstruction que Ruth Childs et Cécile Bouffard souhaitent se libérer d’un processus de production et de monstration classique qui consiste à rejouer une même chorégraphie. Elles adoptent une approche expérimentale visant à créer plusieurs volets et proposent ainsi une histoire mouvante au long cours.

éléments biographiques ruth childs

Danseuse, performeuse anglo-américaine, Ruth Childs est née en 1984 à Londres. Elle grandit aux Etats-Unis où elle étudie la danse (classique et contemporaine) et la musique (violon). Elle s’installe à Genève en 2003 pour terminer sa formation de danseuse au Ballet Junior de Genève. Elle travaille avec plusieurs chorégraphes et metteurs en scène de renom international dont Foofwa d’Imobilité, La Ribot, Gilles Jobin, Massimo Furlan, Marco Berrettini et Yasmine Hugonnet. Depuis 2015, elle réalise également un projet de re-création des premières pièces de sa tante, la chorégraphe américaine Lucinda Childs. En 2014, elle fonde l’association Scarlett’s pour développer son travail personnel en conciliant danse, performance, film et musique et se dédie à un nouveau projet musique « SCARLETT’S FALL », en collaboration avec Stéphane Vecchione. En 2016, le canton de Genève lui offre une bourse et une résidence de recherche de 6 mois à Berlin pour développer son travail personnel. En 2018, elle crée sa première pièce scénique The Goldfish and the Inner Tube en collaboration avec Stéphane Vecchione. Elle crée son premier solo, fantasia, à l’ADC de Genève en octobre 2019. Ruth est actuellement une des artistes associée à l’Arsenic – centre d’art scénique contemporain de Lausanne.

https://ruthchilds.com 

éléments biographiques cécile bouffard

Cécile Bouffard, née en 1987 vit et travaille à Paris. Diplômée de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon en 2014, elle a depuis co-fondé l’artiste run-space Pauline Perplexe à Arcueil. En 2015, elle était en résidence à la Cité internationale des arts à Paris et est actuellement en résidence à la Villa Belleville à Paris. Dans son travail, elle donne vie à un répertoire d’objets empruntés au quotidien et à des gestes sensuels. Basculant entre le familier et l’étrange, ses créations cultivent une ambiguïté constante au niveau des catégories, des emplois et des définitions de formes et d’usages. Elle participe à des expositions collectives : Quart d’heure américain à Mains-d’œuvres, Saint-Ouen en 2017 ; Down the liminal Valley avec Lou Masduraud chez ÀDuplex, Genève en 2018. En 2019 : Suffis-toi d’un buis à la Ménagerie de verre à Paris, avec la revue Turpentine à la Galerie Art Concept, Rhum Perrier Menthe Citron à la Friche la Belle de Mai à Marseille. En 2020 au CAC Bretigny dans Sâr Dubnotal, dans l’exposition Your friends and neigbhours chez High Art et avec Pauline Perplexe à l’exposition organisée par Paris Internationale curatée par Claire Le Restif.

Elle invite souvent d’autres artistes à travailler sur une intention. Elle réalise des séries photographiques avec Camille Vivier. Elle co-édite la revue VNOUJE, une épopée lesbienne avec Fusion (collectif composé de Cécile Bouffard, Roxanne Maillet et Clara Pacotte) lancée en 2020 à Lafayette Anticipation et au CAC Brétigny et fait partie de La Gousse qui a récemment été en résidence au White Mountain collège à Marseille dans le cadre de Manifesta 13 en 2020 ainsi qu’à La Maison Pop à Montreuil.

Elle aurait dû participer au prix Science Po en 2020.

En 2019, elle bénéficie d’une exposition personnelle au Centre d’art contemporain Les Capucins à Embrun, Pourquoi marcher quand on peut danser (commissariat Karin Schlageter).

https://cecilebouffard.com/  

Partenaire

En partenariat avec La Becque, résidence d’artistes 

ven 02 juil 2021​, 20:00
Entrée libre
Dans la limite des places disponibles. Ouverture de la billetterie le jour même à 13:00 à l’accueil du CCS.