La Ribot
Laughing Hole
Circulation libre et placement
assis-debout avec un nombre limité
de places assises.
Dans 40 Espontáneos, la précédente pièce de La Ribot créée en 2004, il y avait déjà l’idée de masse, de nombre. Poursuivant cette exploration, la chorégraphe a développé cette notion sous un autre angle dans Laughing Hole en 2006, présenté depuis partout dans le monde.
Une foule de mots bizarres, écrits à la main sur de simples panneaux de carton, nous font entrer dans l’art éphémère et excentrique de l’artiste. Enivrées d’un rire constant, jusqu’au paroxysme des larmes, trois danseuses s’adonnent à la chute, donc au soulèvement. Ainsi elles tombent, gestes en cascade, inlassablement répétés. Puis leurs bras se lèvent portant un poids manifeste, celui des mots et de leur invasion à travers des associations étranges. De l’anglais à l’espagnol, il y a du sens dans tous ses états, quand se mêlent des éléments aussi inquiétants que « Guantanamo », aussi simples que « madre » ou aussi ambivalents que « operaciones aquí » ou « manos arriba ». Ainsi les corps s’absentent pour laisser agir, mettre en mouvement, cette foule anonyme de mots affichés, scotchés un à un, sur les murs. Presque mille panneaux, six heures de performance, un son live amplifié et des postures brisées. Entre le rire et l’action, il s’agit pour La Ribot d’occuper l’espace, d’en revenir à sa dimension physique, à l’échelle humaine, et de faire vivre, dans la secousse du rire, un processus d’accumulation qui joue sur l’ambiguïté entre construction visuelle et signification. Interface en forme de mémorial dont les variations et les traces s’inscrivent sur plusieurs échelles, allant de l’intime au monde.
éléments biographiques
Née à Madrid, La Ribot vit à Genève et travaille à l’international. Chorégraphe, danseuse et artiste, son oeuvre, apparue au sortir de la transition démocratique dans l’Espagne des années 1980, a profondément modifié le champ de la danse contemporaine. Elle défie les cadres et les formats de la scène comme du musée, empruntant librement aux vocabulaires du théâtre, des arts visuels, de la performance, du cinéma et de la vidéo pour opérer un déplacement conceptuel de la chorégraphie. Solos, explorations collaboratives, recherches avec des amateurs, installations et images en mouvements présentent dès lors les facettes d’une pratique protéiforme, qui ne cesse de mettre en jeu le droit du corps.
crédits
En 2011, projet en résidence au Théâtre Pôle Sud, Strasbourg avec Beatrice Beaucaire, Naton Goetz, Marjorie Burger-Chassinet et Gaetan Gromer.
Remerciements Sophie Alphonso, Yan Duyvendak, Michel Hamerski, Nelson Jimenez, Gilles Jobin, Sylvie Kleiber, Yann Marussich, Daisy Phillips, Ruth Childs, Ursula Achternkamp, Victor Roy, Pablo Jobin, Karine Vintache, Maria-Carmela Mini, Mélanie Rouquier, Soledad Lorenzo, Magda Ptasznik — Production Galería Soledad Lorenzo, Madrid
Première le 12 juin 2006 à Art Unlimited – Art Basel 37

