La leçon de Jacques-Dalcroze

Jacques-Dalcroze et la rythmique à Hellereau

jeu 14 mars 2002
Alain Knapp André Steiger
« Ma méthode d’éducation rythmique, note Jaques-Dalcroze, consiste à soumettre l’organisme humain à l’emprise des rythmes musicaux, lui apprendre à vibrer à l’unisson des vibrations sonores ; c’est rendre la liberté à des impulsions depuis longtemps entravées par les défauts de l’instruction à travers les âges, d’une instruction constamment restrictive des instincts …

« Ma méthode d’éducation rythmique, note Jaques-Dalcroze, consiste à soumettre l’organisme humain à l’emprise des rythmes musicaux, lui apprendre à vibrer à l’unisson des vibrations sonores ; c’est rendre la liberté à des impulsions depuis longtemps entravées par les défauts de l’instruction à travers les âges, d’une instruction constamment restrictive des instincts primitifs et naturels. »

1ère partie - Projection: “La Libération du corps”, sur les traces de Jaques-Dalcroze et de ses élèves, film de Norbert Göller (2001)

Adolphe Appia (1862-1928) et Emile Jaques-Dalcroze (1865-1950), l’un scénographe et l’autre musicien, tous deux Genevois, participent à ce profond mouvement de libération du corps qui fait surface, depuis la fin du XIXe siècle, et qui se traduit notamment par la renaissance des Jeux Olympiques (1896).
Genève, mai 1906 : Appia découvre la « gymnastique rythmique » de Dalcroze. C’est le choc d’une véritable rencontre. Les deux hommes collaborent à l’édification d’un nouvel art. Idéal qui trouve sa réalisation à Hellerau, près de Dresde, où des mécènes, les frères Dohrn, font construire en 1911 un Institut Dalcroze au cœur d’une Cité-Jardin, selon l’utopie sociale de l’époque.
Eté 1912 : présentation du résultat des recherches du maître et de ses élèves. Au programme, exercices de rythmique et acte II d’Orphée et Eurydice de Gluck, qui montre les possiblités offertes par la rythmique à la mise en scène d’œuvres lyriques : l’escalier de la « descente aux enfers », conçu par Appia, est resté célèbre. Eté 1913 : Orphée est joué intégralement, selon la conception scénique d’Appia.
Ces représentations, conclut Misolette Bablet*, font accourir l’Europe artistique : Stanislavski, Diaghilev et ses Ballets Russes, Max Reinhardt, G.B. Shaw, Paul Claudel… Hellerau fait date dans l’histoire du spectacle. Mais la guerre de 14 met fin à une expérience qui n’a cessé par la suite d’inspirer la musique et les arts de la scène au XXe siècle. Quant à Dalcroze, il poursuivra son œuvre à Genève, à la tête d’un nouvel institut qui demeure aujourd’hui la maison-mère de la rythmique.

* lire aussi : Jaques-Dalcroze et son temps, d’Alfred Berchtold, (L’Age d’Homme, collection Poche Suisse)

2e partie - Table ronde : l’influence de Dalcroze sur le spectacle au XXe siècle avec Misolette Bablet, Françoise Dupuy, Guy-Claude François et Renn Lee
Avec : Misolette Bablet (historienne responsable de l’édition des Œuvres complètes d’Adolphe Appia à L’Age d’Homme), Françoise Dupuy (danseuse, chorégraphe et pédagogue, fondatrice avec Dominique Dupuy des Ballets Modernes de Paris, restée fidèle aux techniques de Hellerau.), Guy-Claude François (scénographe au Théâtre du Soleil), Renn Lee (compositeur et interprète, pédagogue à l’Ecole internationale de théâtre Jacques Lecoq, formé par la méthode Jaques-Dalcroze au Conservatoire de Sydney).

jeu 14 mars 2002

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