Jürg Kreienbühl

Peintures

sam 22 sept–16 déc 2001
Trio Daniel Humair Kreienbühl et la ville des laissés pour compte
Première rétrospective en France de l'artiste bâlois installé en banlieue parisienne: une soixantaine d'œuvres racontent les banlieues et les bidonvilles, les bords de mer industriels et les centrales nucléaires, les trésors à l'abandon du Museum d'Histoire naturelle et la vie des immigrés et marginaux que le peintre a côtoyés. Commissariat d'Héléna Bastais. Les mondes perdus de …

Première rétrospective en France de l'artiste bâlois installé en banlieue parisienne: une soixantaine d'œuvres racontent les banlieues et les bidonvilles, les bords de mer industriels et les centrales nucléaires, les trésors à l'abandon du Museum d'Histoire naturelle et la vie des immigrés et marginaux que le peintre a côtoyés. Commissariat d'Héléna Bastais.

Les mondes perdus de Jürg Kreienbühl :
Quand le jeune Jürg Kreienbühl (1932), peintre en bâtiment et boursier venu de Bâle, arrive pour un premier séjour dans le Paris de 1955, il ignore l'art établi et parcourt à bicyclette les banlieues : Colombes, Argenteuil, Sartrouville, Gennevilliers, Nanterre. Il se fixe en 1958 à Bezons, dans un autobus sans roues acquis avec l'aide des gitans. C'est là, dans les bidonvilles, qu'il recrute ses modèles, qu'il extrait l'humanité qui nourrit sa peinture. Vers 1974, il découvre le monde du Jardin des Plantes et s'y enferme de longues années, fasciné par les crânes, les ossements, ce qui flotte dans les bocaux. «Je ne peins que ce que je vois», dit-il, et cela en dit long, comme Le Cimetière de Neuilly reproduit au recto. « Jürg Kreienbühl n'accomplit pas seulement un travail de peintre qui analyse et recompose ce qui est observé. C'est une transfiguration qu'il opère, un droit à la parole et à l'existence qu'il donne aux mondes disparus, note Héléna Bastais, commissaire de cette exposition du CCS. Jamais positionné en juge, Kreienbühl constate, nous ouvre les yeux. Chacune de ses peintures est une histoire en soi, il suffit pour le comprendre d'entendre l'artiste raconter la vie de ses modèles et amis, comme Abbès ben Hassen, Algérien qui vivote dans un tunnel désaffecté à La Défense après l'échec de son mariage avec une Danoise, personnage que Kreienbühl a rencontré lorsqu'il peignait Le Monument de la Défense. C'est cela sa peinture : une obsession inassouvie de rendre la vie. “Chaque tableau que je peins, dit-il, m'empêche au fond d'en commencer un autre”.

sam 22 sept–16 déc 2001

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