Christine Brodbeck

Time

Tue 24–29 Nov 1987
Cristine Combe Paris 1900-1914
Si l'on parle de danse à propos de Christine Brodbeck, il faut alors préciser qu'il s'agit de l'expression d'un “langage du corps”, dont structure et mouvement n'appartiennent pas à une formation classique ; ils procèdent plutôt d'une forme de communication, toute impregnée de vison créatrice, qui lui est absolument personnelle. “… Je travaille de plus en plus avec l'espace intérieur, …

Si l'on parle de danse à propos de Christine Brodbeck, il faut alors préciser qu'il s'agit de l'expression d'un “langage du corps”, dont structure et mouvement n'appartiennent pas à une formation classique ; ils procèdent plutôt d'une forme de communication, toute impregnée de vison créatrice, qui lui est absolument personnelle.

“… Je travaille de plus en plus avec l'espace intérieur, l'espace dans le mouvement du corps, et ainsi mes travaux me sont-ils plus proches, plus personnels,” m'a-t-elle dit un jour. Il est vrai, son espace n'est pas architectonique ou cosmique, mais c'est souvent le cas dans les performances, mais bien un espace-près-du-corps. Christine Brodbeck n'a rien contre le fait, et c'est significatif, que ses créations soient décrites comme des “sculptures vivantes”. Sculptures autonomes, oui, de celles qui n'ont besoin d'aucun point d'attache et qui vivent complètement par elle-même dans l'espace “vide” et libre. Texte : Jean-Christophe Ammann

Les chorégraphies de Christine Brodbeck utilisent le corps exclusivement comme un instrument dont elles explorent les infinies possibilités de mouvement, de transformation. Elles s'en tiennent donc au principe premier et élémentaire de cet art. Par l'infinie multiplicité du mouvement, le corps devient espace d'expression de lui-même - il joue ses propres possibilités du langage, de signes et de communication. La finalité et d'en élargir toujours plus l'éventail jusqu'à l'infini absolu. Il en résulte de légères et ludiques constructions de l'imaginaire.

Lorsque le corps parle, son vocabulaire se modifie continuellement et cela provoque une objectivation des motifs par contraste, une interchageabilité, une “banalisation” des valeurs. Laisser danser les significations, laisser glisser les réalités en interactions, accepter les situations sans commencement ni fin.
Parfois Christine Brodbeck s'en tient rigoureusement au répertoire de mouvements qui est le nôtre à tous et elle en jongle avec une virtuosité éclairante, jouant d'enchaînements inhabituels ou de contrastes, jusqu'à créer des images contradictoires, surprenantes. Parfois son jeu semble branché sur l'énergie centrale de l'”être corporel” - matérialité, sensualité, volupté. C'est alors une célébration des flux vitaux, c'est le lyrisme du corps en danse (comme en transe?), un espace du dedans déployé, ramifié en perpetuelle modification.

Dans ses travaux, Christine Brodbeck n'utilise pas d'accompagnement musical, mais de petits évènements acoustiques composés de sons, résonances, bruits qu'elle prélève dans la nature: eau, gouttes, bois… En cette compagnie son improvisation peut s'épanouir en pleine liberté.

Tue 24–29 Nov 1987

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