Chérif & Silvie Defraoui

Orient / Occident

Tue 26 Jan–28 Feb 1988
La Collection de l'Art Brut Mario del Curto
Depuis 1975, date de leur premier travail en commun, Silvie et Chérif Defraoui montrent comment flottent les images (celles qui surgissent du passé ou de l'inconscient, celles produites par la déformation du réel ou nées du virtuel), comment les chronologies s'effacent et se transforment, et quelle est la matérialité des représentations. Leur travail sur l'espace et le temps met directement en jeu la perception du quotidien. …

Depuis 1975, date de leur premier travail en commun, Silvie et Chérif Defraoui montrent comment flottent les images (celles qui surgissent du passé ou de l'inconscient, celles produites par la déformation du réel ou nées du virtuel), comment les chronologies s'effacent et se transforment, et quelle est la matérialité des représentations. Leur travail sur l'espace et le temps met directement en jeu la perception du quotidien.

L'œuvre des Defraoui surprend, séduit mais déconcerte aussi. Chacune de leur manifestation s'offre sous la forme d'une installation autonome troublant le rapport traditionnel que nous avons avec les images en donnant directement à penser au phénomène du voir lui-même. Qu'ils soient un couple : Silvie + Chérif, qu'ils refusent de spéculer sur les pouvoirs du style, qu'ils mêlent indifféremment toutes les techniques, les situent comme en marge d'une production post moderniste s'affirmant par l'autorité qui se dégage d'icônes souvent pathétiques. À travers des dispositifs qui s'articulent en cycles, le travail des Defraoui cherche moins à convaincre qu'à interroger, mais en cela même il focalise, pour le dépasser, le danger qui pèse sur notre “civilisation de l'image”.

Rares sont les artistes qui osent reconsidérer le rôle de l'image dans une époque où ses fonctions et ses données de fabrication ont pourtant été totalement renouvelées jusqu'à lui donner l'hégémonie médiatique. Silvie et Chérif Defraoui sont de ceux-là. À l'avènement de l'informatique (et l'ordinateur se nourrit de programmes qui donnent des ordres), ils répondent par une production de “désordre”.
Texte: Jean-Luc Daval (extrait de l'article intitulé “La vie des images”, in Art Press n°9, Déc. 1986)

Tue 26 Jan–28 Feb 1988

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