TABLE RONDE / ARCHITECTURE 26.02.10 / 20 H
Bâle, le Campus Novartis
Avec Bernard Aebischer et Vittorio Magnago Lampugnani
entrée libre
Bâle est aujourd'hui le principal pôle européen dans le domaine des sciences de la vie. Parallèlement, la ville se distingue par une tradition d'excellence dans l'architecture. Le Campus Novartis est un projet à la rencontre de ces deux domaines. Reconversion d'une aire industrielle de 20 hectares, il se développe sur la base d'un plan directeur conçu par Vittorio Magnago Lampugnani. Des architectes tels que Diener & Diener, SANAA, Frank O. Gehry ou Tadao Ando se sont vus confier la réalisation des différents éléments de l'ensemble. L'étroite collaboration entre les autorités politiquers et l'entreprise, est dans ce cas particulièrement significative. Elle vise à inscrire ce chantier dans une réflexion urbanistique globale.
Bernard Aebischer est responsable de la coordination pour la planification et la construction du Campus Novartis. Vittorio Magnago Lampugnani est professeur d’histoire de l’urbanisme à l’École polytechnique fédérale de Zurich, architecte à Milan et ancien directeur du Deutsches Architekturmuseum de Francfort.
Cette table ronde est programmée et animée par Matthieu Jaccard, architecte et historien de l’art.
En partenariat avec L'Hebdo
L’architecture bâloise est une fois encore à l’honneur au Centre culturel
suisse. Car c’est à Bâle qu’un géant pharmaceutique érige son Campus
superlatif, auquel s’affaire une cohorte de grands architectes.
En 1996, le mariage de Sandoz et Ciba-Geigy, deux
géants de la chimie et des sciences de la vie fondés à
Bâle, donna naissance à Novartis. À l’époque, le monde
n’avait encore jamais connu une fusion d’entreprises de
cette taille. Héritant d’infrastructures éparpillées dans
la ville, la nouvelle société a décidé, en 1999, de regrouper
ses activités sur le site occupé par les usines Sandoz.
En 2001, Vittorio Magnago Lampugnani a été chargé
de réorganiser ce territoire de vingt hectares, voisin de
la France et bordé par le Rhin. Architecte de réputation
internationale, professeur d’histoire de l’urbanisme à
l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), il avait
l’envergure nécessaire pour relever le défi : concevoir
un environnement répondant aux plus hautes exigences
de la société et de la recherche contemporaine tout
en respectant les traces d’une aventure industrielle
commencée en 1886.
Du réseau viaire existant aux espaces à créer pour
favoriser les échanges et la qualité de vie, de l’échelle
d’une place de travail à celle de la ville de Bâle, le Campus
Novartis est un projet qui mêle des enjeux architecturaux
et urbanistiques complexes.
Le campus doit aussi permettre à Novartis d’offrir un
cadre de travail et de vie à même d’attirer les meilleurs
chercheurs. L’entreprise, active dans un domaine industriel
hautement concurrentiel, doit rivaliser avec les
importants moyens qui sont mis en oeuvre, tant ailleurs
en Europe, aux états-Unis qu’en Asie, pour satisfaire
et fidéliser des employés d’élite.
Une rue de 600 mètres, la Fabrikstrasse, constitue
l’épine dorsale du Campus. En 2005, un premier bâtiment
est venu s’ajouter à ceux qui la bordaient déjà.
Plusieurs autres ont été construits depuis. Des places
ont été aménagées ; des restaurants, des cafés et des
boutiques ont été installés, renforçant le caractère urbain
d’un ensemble réalisé par les architectes les plus
renommés du moment : Diener & Diener (avec Gerold
Wiederlin et Helmut Federle), Peter Märkli, SANAA,
Marco Serra, Adolf Krischanitz, Rafael Moneo, Vittorio
Magnago Lampugnani, Frank O. Gehry et Tadao Ando.
La réalisation, d’ici 2014, de neuf autres interventions
marquera la fin d’une étape.
En s’adressant à Vittorio Magnago Lampugnani et à
un ensemble unique d’architectes pour la conception
de ses nouvelles infrastructures, Novartis a transposé,
dans le champ architectural et urbanistique, la dimension
prospective de ses activités de recherche. Destiné à
accueillir à terme 10 000 personnes, le Campus Novartis
est un projet vraiment fascinant. Certains aspects de
ce modèle sont voués à se répandre : le développement
en partenariat avec les autorités politiques, l’absence
de voitures sur le site, la mixité entre les espaces de loisirs
et de travail, la stimulation des échanges sociaux
au travers de lieux de rencontre, etc. Cette réalisation
permet aussi de prendre la mesure de questions auxquelles
toute la société va être rapidement confrontée.
La barrière dressée, pour des raisons de confidentialité
et de sécurité, entre ce quartier idéal et le reste de la ville,
préfigure d’importants débats…
Par Matthieu Jaccard